Une grande influence implique de grandes responsabilités

La 2e édition de « Burundi for Jesus » s’est tenue au Donatus Conference Center (DCC), jeudi 10 juillet. Les prières pour le Burundi ont débuté à 7h pour se clôturer à 18h.

La prière devrait libérer notre capacité d’action… pas devenir son substitut. On réussit, on accomplit quelque chose, on atteint un objectif à la sueur de son front, sans attendre l’aide ou un signe de la Providence. Pas de dérogation spéciale pour les chrétiens évangéliques… à moins de croire en la magie. A l’instar du mari implorant son pasteur de prier pour sauver son mariage sans vouloir ouvrir les yeux sur les causes profondes qui sapent les fondations de son couple. Dr Myles Munroe cisèlera ce conseil à l’endroit de ceux qui adoptent cette attitude passive : « La prière n’annule pas l’ignorance. » Cette dernière enferme tandis que la connaissance libère, permet d’ouvrir de nouvelles voies pour la pensée.  

De par leur autorité morale, les leaders religieux – les prélats catholiques, les pasteurs évangéliques et Chris Ndikumana, prédicateur à forte audience – pourraient impulser l’ouverture d’un dialogue national auquel seraient conviés les acteurs clés (décideurs politiques, acteurs politiques, de l’intérieur et en exil, syndicats et organisations de la société civile, de l’intérieur et en exil) pour établir une zone commune de diagnostic sur la base de laquelle les uns et les autres peuvent proposer des solutions différentes. Encourager les uns et les autres à aller vers ceux qui les contredisent pour avancer les uns avec les autres vers le vivre-ensemble au Burundi.   

L’enjeu serait la restauration de la paix par le rétablissement de la confiance institutionnelle qui pourrait, du reste, devenir un levier d’action pour améliorer la santé mentale collective, notamment en cette période de crise socio-économique.

Une société fragmentée, qui se disloque dans des récits concurrents, ne peut rien bâtir sur la croyance d’une prière rentable, sans se vouer à l’impuissance qu’elle maquille en piété.

Guibert Mbonimpa